Conférence de Madrid : la riposte des services publics face aux extrêmes

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Les 16 et 17 septembre 2026, la conférence « La Riposte des services publics », organisée par l'Internationale des services publics (ISP), se tenait à Madrid. Des dirigeants syndicaux du monde entier, dont la CFDT santé-sociaux, étaient réunis pour lutter contre le démantèlement des services publics face à la montée de l’extrême droite.

Conférence de Madrid

Face à la montée des politiques nationalistes dans le monde, les services publics se trouvent fragilisés. En garantissant l'accès à l'information et en défendant l'intérêt général, les agent·es du service public protègent la démocratie et la cohésion sociale. C’est pourquoi l’Internationale des services publics (ISP), la CCOO et la fondation Friedrich-Ebert-Stiftung ont organisé une conférence à Madrid, intitulée « La riposte des services publics ».

Les syndicats en première ligne d'attaque 

Depuis des décennies, la montée de l'extrême droite exploite la colère des travailleur·euses dans un système économique mondialisé, qui creuse les inégalités salariales. Lorsqu'elles accèdent au pouvoir, ces forces autoritaires démantèlent les droits sociaux et désignent des boucs émissaires, qui deviennent les cibles à tous les problèmes économiques et sociétaux. Dans le même temps, ces partis politiques privatisent les services publics tout en favorisant leurs soutiens privés.

Face à ces dérives ultra-libérales et racistes des partis d’extrême droite, qui s'attaquent aux institutions démocratiques et à ceux qui les font vivre, les syndicats de la fonction publique du monde entier se sont réunis pour se dresser à la fois en première ligne d'attaque, comme en dernière ligne de défense. 

La conférence de Madrid était axée sur deux temps forts : la compréhension de l’extrême droite, ou comment les partis d'extrême droite se financent, s'organisent et ciblent stratégiquement les services publics, en capitalisant sur les inégalités économiques.

Un second temps était consacré à la riposte : comment le syndicalisme peut-il renforcer le secteur public en menant des actions ? Comment redonner du pouvoir à la classe ouvrière et renforcer les alliances entre mouvements sociaux ? La conférence de Madrid a permis de partager différentes stratégies couronnées de succès, issues des luttes au Kenya, ou encore en Corée du Sud.

Temps forts de la conférence de Madrid

Parmi les temps forts de cette rencontre, Luciano Palazzo Gallo, secrétaire général de la Fédération des services aux citoyens de la FSC-CCOO, a souligné l'importance cruciale de l’implantation des organisations syndicales sur les lieux de travail pour défendre au mieux les droits des agent·es.

Autre moment marquant, l'intervention d’Óscar López Águeda, ministre espagnol de la Transformation numérique et de la Fonction publique, qui a ancré les débats au cœur des responsabilités étatiques et démocratiques. Sa venue a renforcé la reconnaissance et l'engagement du gouvernement espagnol en matière de dialogue social avec les syndicats.

Réflexions stratégiques des experts

La conférence de Madrid a accueilli des profils divers, permettant aux différents secteurs du service public de porter des approches variées aux mouvements syndicaux du monde entier. Pour se défendre face aux crises démocratique et économique mondiales, les tables rondes ont mis en lumière la richesse des expériences de terrain des syndicats et experts, pour porter d’une seule voix la lutte contre l’extrême droite.

Arlie Russell Hochschild, sociologue américaine, et autrice de Stolen Pride : Loss, Shame, and the Rise of the Right, a décrypté la façon dont le déclassement économique et la perte de statut alimentent des sentiments de honte et de rancœur des classes populaires. Des colères habilement récupérées par Donald Trump qui a su donner la promesse illusoire d'une revanche politique.

Vera Weghmann, directrice du PSIRU, a démontré les effets délétères de la marchandisation et de la privatisation des services publics, qui érodent la résilience collective et détériorent les conditions de travail des agent·es, au profit d'intérêts privés.

Des experts et représentants de la société civile, à l'instar de l'Indienne Anita Gurumurthy, spécialiste de la gouvernance numérique, du journaliste et auteur américain Vincent Bevins, ainsi que du journaliste français Anthony Bellanger, secrétaire général de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), ont enrichi les débats en décryptant les nouveaux visages de l'autoritarisme, la liberté des médias et des libertés fondamentales, démontrant la nécessité d'un front uni et diversifié pour refonder l'action syndicale. 

Analyser les luttes

Du côté des syndicats des services publics et des fédérations sectorielles, des figures comme Peters Adeyemi, syndicaliste nigérien, vice-président de l’ISP, défenseur de la formation des jeunes, et le Dr Gilbert Tsolenyanu, secrétaire général du Syndicat national des praticiens hospitaliers du Togo, ont témoigné des réalités de terrain sur le continent africain.

En Amérique latine, la syndicaliste colombienne Margarita López a témoigné du rôle de la résistance syndicale contre les privatisations d’eau dans certaines communautés locales, tandis que l'Argentin Federico Dávila, du Syndicat national de la fonction publique, a donné un éclairage sur les relations internationales et la fonction publique.

Grâce à son engagement et son expertise, Fathimah Zimma, secrétaire générale du Syndicat des professionnels de la santé des Maldives, a modéré les débats relatifs au renforcement des capacités syndicales. Aux côtés de la Suédoise Britta Lejon, présidente de l'ISP, et de l'Australienne Maddy Northam, active sur les questions de droits et d'inclusivité, ces intervenantes ont rappelé l'urgence d'une mobilisation globale.

Face aux forces autoritaires, la solidarité syndicale internationale et la défense de nos services publics sont plus que jamais vitales. La CFDT santé-sociaux était présente pour en rendre compte.

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