Crèches - Les doudous interdits pendant la pandémie
Les écoles et crèches ont fermé en premier durant la pandémie, les enfants étant désignés comme très transmetteurs du virus. Seule une centaine de crèche sont restées ouvertes, leurs capacités d’accueil étant restreintes à 10 places.
Les professionnels de crèche «n’ont pas été dotés en masques, ni par l’ARS, ni par le département, ni par les municipalités, c’était à chaque gestionnaire de se débrouiller. Comme on fait partie d’une grosse UES, on a réussi à avoir des masques des collègues du médicosocial, et les infirmières ont réussi à en toper dans les pharmacies», raconte Énora, éducatrice de jeunes enfants.
Quant à la distanciation sociale, elle est impossible avec les tout-petits : «Il faut changer leurs couches, les nourrir, les coucher, leur faire des câlins, etc. Les enfants devaient changer de tenue en arrivant, mais la tenue vient de la maison…»
À côté de cela, «des mesures d’hygiène très strictes ont été demandées, avec l’utilisation de virucides puissants. Cela a été très contrariant pour les professionnels qui, en temps normal, poussent à adopter des démarches écologiques. Il a fallu faire fi de pas mal de choses, et notamment de ce contre quoi on se bat depuis des années, en disant que nous ne sommes pas des sanitaires…» Les crèches ont dû en outre faire face à un manque d’agents d’entretien.
Ces professionnels souffrent d'un gros manque de reconnaissance, financier et humain.
Les mesures ont été difficiles pour les enfants aussi : «Pas le droit d’apporter leur doudou… Des enfants dans une crèche, 10 heures par jour, avec des gens masqués toute la journée, et sans doudou… avec des parents soignants un peu tendus… c’est très dur !»
Lorsque des parents étaient contaminés, la procédure était l’éviction de la crèche pendant 15 jours. «Nos propres enfants ont également pu être accueillis, après une bonne semaine de cafouillage.» Avec l’activité partielle, il a fallu essayer «de concilier les choix de chacun avec l’équité entre professionnels. Certains ont fait le choix de travailler une semaine sur deux.»
Les crèches ont rouvert le 22 juin ; les mesures ont été drastiquement assouplies. Les masques restent obligatoires pendant les moments de transmission entre professionnels et parents. À ce jour, ces professionnels – pas plus que les assistantes maternelles – n’ont entendu parler de prime exceptionnelle… Pas étonnant qu’ils souffrent d’un gros manque de reconnaissance, financier et humain.