Lutte contre les VSST : la CFDT santé-sociaux au diapason

  • L'actu de la fédération

Un stand VSST a été mis en place, pour la première fois, au Forum social CFDT du CHI Robert-Ballanger à Aulnay-sous-Bois, le 31 mars. Angélique Gil, secrétaire fédérale chargée des violences sexistes et sexuelles, accompagnait le SD 93, qui mène une action de sensibilisation. Retour sur ce fléau de société que porte la CFDT depuis des années.

Stand VSST CFDT santé-sociaux

Le syndicat départemental du 93 a signé la charte des violences sexistes et sexuelles (VSS) en 2021. Un sujet qui ne date pas d’hier, mais reste délicat à aborder, malgré les nombreux témoignages qui se multiplient dans les médias pour dénoncer les comportements sexistes.

Quand la charte des VSS a vu le jour

Quand on devient référent·e, « la première qualité, c'est l'écoute », mot d’ordre qui anime Angélique Gil. La secrétaire fédérale se déplace dans la France entière pour faire signer la « Charte CFDT d’engagement pour la prévention des violences sexistes et sexuelles » dont Laurent Berger fut l’instigateur. Le 15 octobre 2020, toutes les fédérations l’ont signé, engageant chacune d’entre elles à porter cette lutte contre les VSS, au sein même de la CFDT : syndicats, Unions professionnelles régionales (UPR), Unions régionales interprofessionnelles (URI). À ce jour, La CFDT santé-sociaux compte 69 SD signataires de la charte, sur 97.

Angélique Gil se désole : « Il y a eu un réel engouement au début. Puis le sujet est retombé. Pourtant, cette charte explique bien qu’il faut mettre en place un processus d’accompagnement des victimes et des signalements. Qui gère ce fléau quand un cas se présente dans une structure syndicale ? Qui interpelle-t-on ? On se rend compte aujourd'hui que beaucoup de syndicats départementaux signataires n'ont pas mis ce processus en place. On ne les a peut-être pas accompagnés suffisamment. »

Au niveau national, 39 référent·es VSS santé-sociaux ont été désigné·es par les syndicats, UPR et URI sur ce dossier-là. « En même temps, ça ne fait qu’un an et demi qu'on a lancé le groupe, c'est plutôt honnête », se réjouit Angélique.

Pour la secrétaire fédérale, l’efficacité de la diffusion de cette Charte réside dans la prévention : « Il ne faut rien laisser passer avant l’agression. Les remarques verbales sexistes, c'est déjà une alerte et c'est intolérable. On doit être alerté dès le départ, parce qu'après c'est l'escalade. La majeure partie des cas qui remontent à la Fédération sont des faits avérés depuis un moment, et pour rattraper le coup, c'est très compliqué. On aimerait construire avec les équipes un travail plus en amont. »

Aissata Diallo - Referente VSST
Aissata Diallo - Referente VSST Ci-dessus : Aïssata Diallo, sage-femme de profession, est déléguée du personnel CFDT santé-sociaux à l'hôpital de Montreuil en Seine-Saint-Denis, et référente VSST depuis deux ans. Photo du haut, de gauche à droite : Gwenaëlle Yvinec, secrétaire générale CFDT santé-sociaux 93, Angélique Gil, secrétaire fédérale CFDT santé-sociaux, et Aïssata Diallo animent le stand VSST au CHI Robert-Ballanger.

Former les référent·es VSS

À la suite des débats portant sur les VSS au congrès fédéral de Niort de juin 2025, et au vu des multiples affaires qui sont sorties dans les médias, les VSST redeviennent une priorité. Pour preuve, le calendrier des formations délivrées par Angélique Gil et Karine Bouchet, secrétaire nationale chargée des VSS, affiche complet. Une fiche de désignation du référent VSST a été mis en place pour les syndicats et les UPR. Deux formations par an sont inscrites au programme de formation de la Fédération. En régions, des formations sont également dispensées par les URI.

La secrétaire fédérale détaille le déroulé des formations : « Ça fonctionne un peu à la carte : un syndicat peut demander à former son équipe et on se déplace en région, dans un département, ou encore dans une UPR. Quand les militant·es souhaitent former un collectif, ils demandent à Karine Bouchet et moi-même. J'adapte les formations au public que je forme. Si j'organise une formation pour des référent·es, je vais faire des études de cas en lien avec leur casquette. Si c’est une équipe syndicale, j’explique par exemple comment faire lorqu’une victime vient frapper à la porte du syndicat. » D’ailleurs, les attentes des militant·es sont spécifiques. « Les temps de débat font partie intégrante des formations. S'il n'y a pas de temps d'échange, c'est qu'on a raté la journée. »

La formation sur deux jours, plus confortable, est à l’étude car un volet « outils » a été ajouté au dossier formation VSST, avec le violentomètre, l'alarme, les tracts, l'enquête confédérale sur le sexisme, le quiz, les flyers.

Outils VSS - CFDT
Outils VSS - CFDT Guide de mise en œuvre du dispositif de prévention et de prise en charge des violences sexistes et sexuelles, violentomètre, alarme, tracts, enquête confédérale sur le sexisme, quiz, flyers... sont autant d'outils qui permettent aux militant·es de communiquer et d'alerter sur les VSS.

Des résultats sur le terrain

Aïssata Diallo, sage-femme à l’hôpital de Montreuil, est déléguée du personnel et référente VSST depuis deux ans. Le 31 mars, elle animait le stand VSST avec Angélique Gil. L’objectif ? Sensibiliser le personnel soignant et les agent·es à la cause.

Pour les référent·es VSS, le sujet est vaste et complexe. Ces « personnes-ressources » traitent des situations délicates, avec beaucoup de non-dits. Pour Aïssata, « dans un premier temps, c'est l'écoute. qui prime. Il faut adopter la bonne attitude, ne pas être invasif dans la vie de la victime, avoir une ligne directrice pour lui venir en aide. Il y a l'aspect psychologique, l'aspect travail, familial, qu'on va prendre en compte pour pouvoir l'aider efficacement. La militante constate que les violences sexistes et sexuelles arrivent au travail, mais l’impact s’étend bien au-delà du lieu d’exercice. Certaines victimes ne veulent pas porter plainte, par rapport à leur couple par exemple : elles ont un sentiment de culpabilité et se demandent ce qu’on va penser d’elles ».

Aïssata rend compte de la délicate posture de l’exercice : « Avant d’entrer en formation, je me sentais démunie face aux paroles des victimes. Un jour, une personne est venue me solliciter au sujet du harcèlement sexuel qu’elle subissait de la part d’un cadre. Il la bloquait dans la réserve, avait des gestes inapropriés, et disait : "Si tu veux faire des heures sup, tu viens au resto avec moi." Pour moi, l'urgence, c'était d'encourager la victime à porter plainte. Pour elle, il n’en était pas question. Porter plainte, c’est entrer dans la grosse machine judiciaire. J’ai appelé Angélique qui m’a expliqué qu’en tant que personne-ressource, je ne pouvais pas obliger la victime à porter plainte et que d’autres solutions existaient. Ça m'a permis de cadrer la situation. La victime a rencontré un psychologue, et a fini par en parler à la direction de façon anonyme. C'était déjà un grand pas pour elle... »

La direction a été réactive et a pris la mesure du problème. Sensible au sujet des VSST, la hiérarchie ne souhaitait pas qu’une situation de ce type entache l'image de l'hôpital. De ce fait, une enquête a été menée. « Plusieurs personnes étaient concernées en fait, elle n'était plus seule. Ce cadre a été licencié », se félicite la référente VSS. Une belle victoire pour la CFDT santé-sociaux !

Emma_Bodiot

4 Tracts de lutte contre les VSS, le harcèlement et les préventions VSS

  • Tract Stop au harcèlement

    PDF — 1.16Mo

  • Tract Prévention VSST

    PDF — 394Ko

  • Tract VSST-Hôpital

    PDF — 325Ko

  • Tract VSST Administration

    PDF — 308Ko

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