SD 67 : « Reconnaître l'investissement des sections CFDT santé-sociaux »
À Erstein, le 21 novembre 2025 dans le département du Bas-Rhin, une soirée était organisée par le syndicat départemental CFDT santé-sociaux. L’objectif de l’événement ? Challenger les sections ayant fait le plus d’adhésions.
La salle des fêtes est comble pour cette soirée « Challenge 2025 ». Le SD 67 a décidé de remettre des trophées aux sections CFDT santé-sociaux qui ont fait le plus d’adhésions entre octobre 2024 et octobre 2025. Corinne Spehner, secrétaire générale CFDT santé-sociaux du Bas-Rhin, et Frédéric Gauckler, responsable développement et trésorier adjoint, expliquent l’ambition de ce projet.
Comment est né cet événement et quel est son objectif ?
Corinne Spehner. L'idée a germé parce qu'on nous dit toujours qu’il faut récompenser et reconnaître l'investissement des sections. On a donc opté pour une soirée festive afin de se retrouver dans un autre cadre que celui du travail. C’est l'occasion de remettre des prix aux sections ayant obtenu le plus d’adhésions, aussi bien du public que du privé. Le SD du Bas-Rhin s'est beaucoup investi dans cet événement « Challenge 2025 ».
Frédéric Gauckler. C'est la toute première fois qu'on monte ce type de projet. Plutôt que d’organiser des repas de Noël où les équipes se retrouvent chacune de leur côté, on a préféré se rassembler pour une soirée unique.
Notre objectif, un peu comme le Coup d’boost, était d’organiser un « Challenge 2025 », en vue de remercier nos sections. C’est une grosse organisation, et financièrement également. On a bénéficié du soutien de la fédération Santé-Sociaux grâce au DOF, à savoir que lorsqu'un projet tient la route, une participation financière est accordée.
En fonction des sections, on a fait en sorte de donner à tout le monde la même chance. Dans un petit Ehpad, c'est plus compliqué de faire des adhésions que dans un grand établissement.
Vous participez également à l’événement confédéral Coup d’boost ?
C. S. Bien sûr ! On se challenge avec les autres syndicats dans le cadre du Coup d’boost avec l'URI Grand Est et la Confédération. D’ailleurs, Frédéric, notre responsable développement, vient à Paris le 16 décembre pour cet événement.
De ce fait, le développement vous tient à cœur dans le Bas-Rhin...
F. G. On a dépassé l’objectif qu’on s’était fixé au niveau du syndicat départemental. À la suite des manifestations des retraites, on n'a jamais eu autant d'adhésions d’agent·es à la CFDT, et pas que chez nous d’ailleurs, mais dans toute la France. Clairement, ça a été un vrai coup de pouce pour tout le monde. Laurent Berger a œuvré à cela, il était partout dans la presse, aux infos sur toutes les chaînes.
C. S. Le challenge de ce soir a poussé nos sections à organiser énormément d'actions, notamment cette année. Elles ont réalisé pas moins de quatorze événements pour Réponses à emporter (RAE).
Par ailleurs, toutes les sections ont une dotation de 6 euros par adhérent·e. Donc, plus elles obtiennent d’adhésions, plus elles bénéficient de dotations pour faire des actions.
On compte environ 2950 adhérent·es sur notre syndicat départemental, dont 2300 sont issus du secteur public. Nous avons entre 60 et 70 adhérent·es de plus par rapport à l'année dernière. On a bien progressé !
Il n’y a pas si longtemps, on comptait jusqu’à 3000 adhérent·es, mais on en a perdu 200 d’un coup. Une personne qui tenait une grosse section de 700 adhérents·es aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg est partie, et a emmené avec elle 200 personnes chez Force Ouvrière. À cause de ça, on a perdu une place au niveau des élections professionnelles. Mais on remonte, malgré tout.
Au niveau du département, nous avons dû entamer une procédure d'exclusion contre une secrétaire de section, membre du bureau, relative à des problèmes de valeur en matière de racisme et aussi de harcèlement envers des militant·es. À la suite ce ça, 12% des adhérent·es de cette section ont quitté la CFDT. Depuis, les militant·es proposent des after-work, organisent beaucoup de choses. Ils sont bien remontés. On espère bien que cette équipe gagne un prix ce soir, car un gros travail de reconquête des adhérent·es s’est opéré. Avec le départ de cette personne, qui peut faire fuir de potentiel·les adhérent·es, on espère que de nouvelles personnes viendront.
Des sections ont démarré il y a deux, trois ans, avec une dizaine d’adhérent·es, où plus de la moitié des effectifs se sont syndiqués. Ces réussites sont liées au travail de terrain et d’accompagnement du syndicat départemental, car il a fallu former ces nouveaux militants.
Dans les différentes structures, comme les Ehpad, je rencontre régulièrement les directeurs, avec l’équipe CFDT. Je fais beaucoup de kilomètres parce que le département est large. Ici, je connais presque tout le monde. Tous les ans, je rencontre les délégués syndicaux. D’ailleurs, je suis toujours responsable de la branche publique.
Votre présence est nettement plus marquée dans le public. Pourquoi ?
C. S. Les militant·es du privé, qui n’ont pas cette culture de l'adhésion, pensent souvent que du fait d’avoir été élus par tout le monde, ils se doivent de répondre à tous les professsionnel·les. Nous ne raisonnons pas ainsi dans le public : nous répondons à tout le monde pour ce qui est du collectif, au niveau du comité social et économique (CSE). En revanche, pour les accompagnements individualisés, nous aidons les personnes qui adhèrent.
La concurrence est-elle plus rude dans le public ?
C. S. On a fait 43% aux dernières élections professionnelles. Le syndicat juste derrière nous n’est même pas à 15%. Les élections de 2026 vont être tendues, parce qu’on est quasiment majoritaire dans tous les établissements du département. Ça veut dire aussi qu'on est le syndicat à abattre. Nous disposons aussi de beaucoup de temps syndical, soit 10000 heures mutualisées.
On est implantés dans les gros établissements, mais dans les petits également : on fait 100% dans beaucoup de petits Ehpad publics.
Chez nous, les listes des prochaines élections sont quasiment finalisées, hormis quelques grosses sections qui doivent encore trouver quelques candidats. Les listes sont vite établies, étant donné que nous avons beaucoup d'adhérent·es. Dans notre SD, il n'est pas question d'inscrire quelqu'un qui n'est pas adhérent.
Vous attribuez ce soir une récompense au plus jeune adhérent. La jeunesse est un axe de développement important pour le SD 67 ?
F. G. Au-delà de créer une cohésion au niveau des sections, notre objectif de ce soir était d’inviter tous les jeunes qui ont adhéré depuis l'année dernière, leur montrer qu’on sait faire autre chose que du syndicalisme et les remercier d’avoir adhéré à la CFDT. Alors, on a créé le trophée de la section qui a fait adhérer le plus jeune, et celui du plus vieux. On a également récompensé l'équipe qui a fait adhérer le plus de jeunes de moins de 36 ans en 2025.
En matière de renouvellement générationnel, deux de nos jeunes répondront présents au congrès confédéral. En vue des élections de 2026, on va travailler avec nos jeunes militants, très au fait des réseaux sociaux comme TikTok. Ils veulent faire plein de vidéos. Trois jeunes de notre SD ont intégré le groupe « Jeunes Grand Est », qui est à l’initiative du challenge de la création de logos pour les jeunes. Nos 300 jeunes adhérent·es de moins de 36 ans au SD 67 ont tous participé. Je les ai invités au syndicat départemental pour un brunch, et l’après-midi, on a créé un logo Jeune, qu'on a présenté à l’URI, à Strasbourg, pour participer au concours. Les challenges sont un véritable moteur pour notre syndicat départemental.
Propos recueillis par Emmanuelle Bodiot
Les gagnants du « Challenge 2025 »
- Moins de 200 agent·es : Établissement public intercommunal Ouest Strasbourg (EPIOS)
- Entre 200 et 800 agent·es : Centre hospitalier d'Erstein
- Plus de 800 agent·es : Hôpitaux universitaires de Strasbourg
- Le plus d’adhérent·es de moins de 36 ans : Hôpitaux universitaires de Strasbourg
- L’adhérent·e le plus jeune : Centre hospitalier départemental de Bischwiller
- L’adhérent·e le plus âgé : Hôpitaux universitaires de Strasbourg