SD 76 Rouen Dieppe Elbeuf : l'ADN du développement
Le syndicat CFDT santé-sociaux 76 Rouen Dieppe Elbeuf affiche fièrement ses 647 nouveaux adhérent·es, grâce à une politique de développement menée tambour battant. Alexandra Phonlamath, secrétaire fédérale CFDT santé-sociaux chargée du développement, est venue saluer cette équipe qui dépasse les résultats escomptés.
Proximité, visibilité, collectif : des valeurs qui font le succès du syndicat départemental 76 Rouen Dieppe Elbeuf (RDE). Le 19 février, le compteur enregistrait 2216 adhérent·es, soit 647 nouveaux inscrits. Leurs réussites en témoignent : sur trois années consécutives, le syndicat a été récompensé pour l’événement confédéral « Coup d’boost » dans plusieurs catégories : Adhésions, Adhésions jeunes et Adhésions découvertes. Pour l’URI Normandie, Ils ont été lauréats de deux challenges régionaux, Jeunes et Développement.
Alexandra Phonlamath, secrétaire fédérale CFDT santé-sociaux chargée du développement, s’est rendue sur place féliciter l’équipe, et n’en revient pas : « C'est énormissime : vous êtes partis de 1568 adhérent·es pour arriver à 2216, alors que vous vous étiez fixé 2168 adhérent·es. L’objectif est dépassé avant même la date fixée, avec une augmentation de 41% et 647 adhérent·es. Vous aviez 134 jeunes et ils sont 212 aujourd’hui, soit une progression de 103% de jeunes, en moins de quatre ans ».
Méthode gagnante
Christèl Bigaré, secrétaire générale du SD 76 Rouen Dieppe Elbeuf (RDE) a le syndicalisme chevillé au corps, et sa méthode de proximité paye : « Les gens adhèrent spontanément parce qu'on est présents. Ils ont des questions, on est là, sur le terrain. » Les tournées de service donnent de la visibilité auprès des agent·es, des salarié·es. Les sections ont leur relais sur le terrain avec les mêmes militant·es identifiés, particulièrement au sein des nouvelles structures. « Ça peut prendre six mois, un an, huit ans, et au bout d’un moment, ça paye. On tourne tout le temps, vote ou pas vote. On a coutume de dire chez nous, qu’à peine une élection terminée, on rentame la prochaine. »
Antonin Corbière est membre du bureau syndical. Il a exercé pendant sept ans en tant qu’infirmier de nuit en cardiologie. Il fait le même constat : l’important, pour le jeune homme de 29 ans, c'est la proximité : « Si on ne connaît pas bien les personnes, on ne peut pas vraiment les aider. » Aux urgences de nuit, de nombreux collègues ont pris leur carte car ils sont satisfaits de l’accompagnement des militant·es CFDT. « On les connaît personnellement, on les accompagne dans leurs démarches de changement de poste, sur des questions de RH, de planning, au niveau des droits. Ça les soulage énormément. La proximité, ça reste une clé pour moi. »
Pour Dimitri Aubry, responsable développement, c’est le collectif « qui doit reposer sur de bonnes bases et les mêmes objectifs. Tu ne peux pas réussir tout seul. »
Des outils efficaces
L’outil de ciblage, décliné en trois catégories (DPE, privé et public), est disponible sur l’Espace adhérent et permet de voir les résultats de tous les établissements. Christèl Bigaré y voit un outil indispensable pour identifier les cibles prioritaires, « là où on est implantés et là où on ne l’est pas. » Les statistiques en disent long : « Le véritable ennemi, ce ne sont pas les autres syndicats, c'est l'abstention. Grâce à l’outil de ciblage, l’équipe identifie les établissements où l’abstention est forte. Au sein de ces structures, on dispose d’un réel potentiel, où l’on a réussi à s'implanter. »
Le développement n’est pas un tabou
Le SD RDE 76 impulse une dynamique de développement depuis 2016. « Lors de chaque bureau syndical, un point est porté sur le sujet », ajoute Dimitri Audry. Cristèl Bigaré en est convaincue : « Pour survivre, il faut des adhésions, et ça passe notamment par les challenges Grand boost : ça provoque une concurrence saine entre militant·es. La compétition fait bouger les choses. »
L’« Adhésion découverte », opération qui se déroule sur trois mois, est également un bon levier d’adhésions. La secrétaire générale explique aux potentiels adhérent·es qu’ils peuvent bénéficier immédiatement de la Caisse nationale d’action sociale (CNAS), ce qui n’est pas le cas avec l’adhésion découverte - il faut six mois de cotisation pour en bénéficier.
Le développement « n'est pas tabou au syndicat, explique Dimitri On est transparent. Chaque nouvelle personne qui intègre nos réunions est tout de suite imprégnée de la question du développement : on parle chiffres, adhésions, pratiques de fidélisation. »
Convaincre les jeunes
Deux fois par an, en septembre et juin, quand les étudiants intègrent ou terminent leur parcours scolaire, l'équipe se rend dans les instituts de formation (IFSI-IFAS), écoles d'éducateurs spécialisés, en amont de l’entrée dans le monde professionnel : « On les fait toutes, explique Cristèl Bigaré, on installe notre barnum devant l’établissement, on fait de l'accueil, du tractage, de l’aide pour les demandes de stage. »
Lucie Grouchy, secrétaire de section dans un petit Ehpad du public, porte un regard plus sombre sur le manque d’intérêt que portent ses jeunes collègues sur le syndicalisme. « Dans mon établissement, les jeunes ne se projettent pas dans un avenir sur le long terme. Pour eux, ça ne sert à rien d'adhérer parce qu'ils ne savent pas s'ils vont rester dans l'établissement. Selon cette aide-soignante de 34 ans, c'est compliqué de leur faire comprendre que même en changeant de structure, on peut rester adhérent. La CFDT est là pour nous protéger de la direction, et ça, ils ne l’entendent pas. »
Fidéliser
Dimitri Aubry réfléchit sans cesse à des actions de fidélisation. « La proximité, c'est le mot d'ordre, si tu enlèves le contact, tu perds tout. » Quand les gens adhèrent, le suivi est indispensable, aller à leur rencontre régulièrement, les tenir au courant. « On priorise l'information pour nos adhérent·es. Quand on a des infos, par exemple via le CGOS (œuvres sociales du public), je les envoie à nos sections qui les transfèrent à leurs adhérents. » Les œuvres sociales sont un bon levier de développement.
La formation est aussi un bon dispositif de fidélisation pour le responsable développement : « On forme nos adhérent·es, nos militant·es, nos collègues qui ont des responsabilités syndicales. » Quand les gens adhèrent, ils sont invités rapidement à faire la formation « découvrir la CFDT ». Pendant deux jours, tout est pris en charge. « Ainsi, Ils savent où ils mettent les pieds, ils apprennent la structuration de la CFDT, et de notre champ. La formation est un levier pour éclaircir la méconnaissance des nouveaux adhérents. »
L'URI Normandie et la Fédération poussent l'équipe à organiser un événement Jeunes. Premier syndicat de Normandie, sur les six syndicats régionaux présents sur cinq départements, le SD 76 RDE, qui compte 212 jeunes adhérent·es est le plus à même de monter ce type d'événement. Une occasion de plus pour le SD 76 RDE de développer la CFDT santé-sociaux.
Emmanuelle Bodiot